Le cas complexe du cuir et de ses substituts éthiques et écolo

Les vêtements en cuir suscitent depuis longtemps une polémique, tant auprès des consommateurs omnivores que chez les adeptes de mode éthique et éco-responsable. Matière d’origine animale, le cuir tel qu’on le connaît ne correspond pas, en principe, au mode de vie végétalien. Pourtant, plusieurs pratiquants de la diète vegan continuent de le revêtir. Alors que des substituts synthétiques et sans cruauté de qualité supérieure se taillent dorénavant une place importante dans l’industrie de la mode, y a-t-il de bonnes raisons de rester fidèle au cuir animal? Les options de remplacements ont-elles aussi des méfaits?

Le cuir animal

Les végétaliens qui n’interrompent pas leur consommation de cuir animal se justifient principalement de deux façons:

  • “La peau animale tannée pour devenir du cuir provient d’animaux déjà élevés et tués pour la production de viande. Pourquoi la gaspiller si la carcasse animale est exploitée de toute manière?”

Cet argument très commun, bien qu’il ait ses fondements logiques, contredit totalement l’une des lignes directrices du mode de vie vegan, qui soutient qu’une vie animale a une valeur inhérente et que les animaux ne devraient pas être exploités uniquement pour répondre aux besoins des humains. C’est une question de principes! Les produits en cuir animal s’inscrivent dans un processus d’objectification, de fragmentation et de consommation qui normalise l’oppression des animaux et leur enlève leur statut d’être sentient au moyen de la technologie, du langage et de la représentation culturelle.

Plus d’un milliard d’animaux sont élevés dans des conditions exécrables et tués à chaque année au profit de l’industrie du cuir. Bref, je suis d’avis qu’on ne peut pas s’opposer à la cruauté animale et accepter que ses vêtements proviennent d’une industrie aussi peu éthique.

  • “Le cuir animal est une matière noble et plus durable que le cuir synthétique à base de matières polluantes. Il me permet donc de réduire ma consommation de vêtements et mon impact environnemental.”

Bien que le cuir soit un produit “naturel”, il n’est pas moins nocif pour l’environnement que le plastique et ses pairs. Tel que mentionné, la production du cuir est liée à celle de la viande, qui est extrêmement vorace en céréales fourragères, en eau et en énergie. L’industrie du cuir subventionne donc cette énorme empreinte écologique.

De plus, les tanneries de cuirs moyens et bas de gamme emploient des produits chimiques toxiques, comme le méthanal et les dérivés de goudron, et reversent les résidus liquides, qui représentent près de 75 000 litres par tonne de peau brute, dans la nature.

En somme, si l’on met de côté ses qualités esthétiques, le cuir animal présente très peu d’avantages pour contrecarrer ses graves effets sur la population animale et l’environnement. Prenons alors le temps d’étudier nos autres options.

Le simili-cuir et ses successeurs

Connotant un manque de qualité et une apparence peu soignée, les termes “faux cuir” et “simili-cuir” sont généralement utilisés pour parler du PVC, ou polychlorure de vinyle, un produit issu de l’industrie polluante du plastique. Toutefois, des produits alternatifs moins nocifs pour l’environnement dominent actuellement le marché. Le polyuréthane, un matériel biodégradable fait de microfibres, et les matériaux en plastique recyclés sont vantés pour leur souplesse et leurs propriétés green, tandis que des fibres naturelles comme le lin et le chanvre enfantent de nouvelles créations dans l’industrie du cuir synthétique.

De plus en plus de substituts éthiques et éco-responsables surprenants émergent également grâces aux progrès technologiques. Directement dérivée du bois de chêne-liège, la peau de liège se fait connaître comme étoffe de première classe. Plusieurs attributs font du liège un substitut parfait au cuir animal, comme sa texture soyeuse et son étanchéité. Une autre initiative inusitée qui fait le bonheur de la communauté de la mode écolo est le Pinatex, une forme de faux cuir en fibres d’ananas qui s’adapte à différents usages et textures.

En somme, j’espère que ce billet vous a bien informé sur les différents types de cuir et que vous êtes prêts à accepter votre responsabilité quant à leur consommation. Vous savez maintenant où je me situe en ce qui concerne le cuir, mais quelle est votre position dans ce débat? Êtes-vous fana du cuir animal, du simili-cuir ou des cuirs vegan?

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