Trois raisons de délaisser la fast fashion

La fast fashion, ou “mode accélérée” en français, est un phénomène plutôt récent au coeur de l’industrie de la mode. Cette abondance de prêt-à-porter bon marché correspond à notre culture de la vitesse, comme elle fait passer les vêtements directement des défilés aux commerces et se renouvelle en permanence, mais elle représente également une foule de conséquences humaines, sociales et environnementales. Voici une définition de la fast fashion, accompagnée de trois raisons majeures pour lesquelles nous devrions la délaisser.

La fast fashion: de quoi s’agit-il?

Au cours des dernières années, la mode vestimentaire s’est fait complètement emporter par un nouveau modèle d’affaires connu sous le nom de fast fashion. En bref, la fast fashion est centrée sur la vente rapide et à bas prix de vêtements dans le monde entier. Les enseignes de prêt-à-porter abordable traduisent dans les meilleurs délais les tendances des défilés en vêtements de piètre qualité et révisent complètement le calendrier du marché, ajoutant des articles à leurs collections jusqu’à deux fois par semaine. Cela entraîne une énorme surconsommation et, par conséquent, un gaspillage inimaginable.

Ces effets ne sont que la pointe du iceberg en ce qui concerne les conséquences de la fast fashion, qui incluent entre autres le grand volume de vêtements jetés, les matériaux ultra polluants et les conditions de travail critiques dans les pays défavorisés. Voici donc trois raisons qui, nous l’espérons, vous convaincront de délaisser la fast fashion, puisqu’en tant que consommateurs, nous avons un rôle fondamental à jouer pour pousser les grands magasins à changer leurs politiques et diminuer leur impact écologique et social.

Multiplication des déchets textiles

Puisque les vêtements vendus par les champions de la fast fashion, notamment H&M, Zara, Primark et Topshop, sont de moindre qualité, ils ne sont pas voués à être portés longtemps et sont vite remplacés par la prochaine tendance, le prochain item de mode pas cher. En effet, les consommateurs de fast fashion portent généralement un morceau moins de cinq fois avant de le jeter, ce qui correspond à peine à deux mois d’usage. C’est donc destination dépotoir pour ces articles si délabrés qu’ils ne sont pas acceptés par les friperies et les centres de dons, et si dépassés que leurs propriétaires n’ont aucune intention de les recoudre ou de les ravigoter.

Résultat: les déchets textiles très mal recyclables s’empilent sur les sites d’enfouissement à ciel ouvert pendant plusieurs centaines d’années, s’ils ne sont pas envoyés à l’incinérateur, une autre solution peu souhaitable. En outre, on estime que ces produits insta-jetables génèrent cinq fois plus d’émissions de carbone que des vêtements conçus pour durer plus d’un an, principalement à cause de leur nature éphémère et de leur production de masse.

Méfaits du coton et des tissus synthétiques

Les tissus synthétiques les plus populaires chez les entreprises de mode pas cher, à savoir le polyester, le nylon et les fibres acryliques, obtiennent leurs qualités désirables au moyen d’additifs chimiques extrêmement nocifs pour l’environnement. D’ailleurs, ces matériaux sont essentiellement des types de plastique faits de pétrole. Les additifs et les colorants employés dans la fabrication de ces fringues sont également dangereux pour ceux qui les portent, en plus d’être derrière une proportion choquante de pollution aquatique.

L’industrie du coton est tout aussi ravageuse pour l’environnement et les agriculteurs, car elle exige un usage considérable de pesticides. Certains cultivateurs défavorisés arrosent les sols sans protection et s’exposent à de graves problèmes de santé. De plus, les pesticides utilisés dans les champs de coton endommagent les sols agricoles, contaminent les cours d’eau avoisinants et s’approvisionnent dans des ressources d’eau douce partout dans le monde.

Main d’oeuvre exploitée

Finalement, de nombreuses vies humaines sont sacrifiées pour satisfaire notre besoin de fringues à bas prix dans des usines de textile généralement situées en Asie et en Europe de l’Est, avec le Bangladesh comme lieu de prédilection. Simplement dit, les entreprises de fast fashion profitent d’une main d’oeuvre très mal salariée afin d’inonder le marché en tout temps. En plus de n’avoir aucun avantage social, les travailleurs affrontent des conditions de travail désastreuses et sont poussés à produire plus pour moins, toujours plus vite. C’est carrément la porte ouverte à l’exploitation!

Il est temps de réfléchir au véritable coût de notre rage de bas prix, dont les conséquences affectent bien plus que notre budget personnel. Bien sûr, il est agréable de se fringuer à petits prix et au goût du jour, mais nous croyons que ces avantages pèsent peu dans la balance relativement à l’impact social et environnemental de la fast fashion. Mentionnons aussi que de nombreuses marques proposent des vêtements éthiques et éco-responsables, comme nous l’avons souligné dans un article précédent.

Dites-nous: êtes-vous prêts à délaisser la fast fashion? Sinon, quelles sont vos motivations? Nous attendons vos commentaires avec impatience!

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