LA SOIE D’ASCLÉPIADE: LA DOUBLURE ÉCOLO DE NOS RÊVES?

Le duvet est l’isolant le plus efficace et facilement disponible pour les vêtements d’extérieur. Toutefois, cette matière est dispendieuse, inopérante lorsque mouillée (si elle n’est pas traitée) et, surtout, extrêment cruelle envers les canards et les oies qui doivent faire le don de leur plumage secondaire. Bref, le duvet ne fait pas le bonheur des adeptes de mode éco-responsable. Heureusement, la soie d’asclépiade, un substitut naturel et issu du Québec aux bienfaits multiples, fait son entrée sur le marché.

Une mauvaise herbe qui fait bonne figure

L’asclépiade, plante sauvage du Québec qui pousse dans les champs et au long des routes, a longtemps été perçue comme une simple mauvaise herbe. Vous avez sans doute déjà vu ses gousses de soie blanche s’envoler dans un ciel d’automne. Les fibres de la soie d’asclépiade, aussi connue sous le nom de soie d’Amérique ou milkweed en anglais, sont creuses, ce qui leur permet de piéger l’air, et enduites d’une couche cireuse et étanche, propriétés qui en ont d’abord fait un rembourrage idéal pour les gilets de sauvetages, et qui ont plus récemment inspiré des entrepreneurs Canadiens à remplacer la doublure de vêtements d’extérieur.

Les scientifiques connaissaient donc les propriétés thermiques de cette fibre végétale, mais ils avaient du mal à élaborer des méthodes de récolte et de traitement propices à un usage industriel. Il a fallu des années d’examens et de recherches avant d’aboutir à un vrai résultat: un manteau d’hiver conçu au Québec, rembourré de cet isolant naturel qui rivalise le duvet et le polyester, si l’on se fie aux tests les plus récents.

Étonnamment isolant

Pour la doublure de vêtements d’hiver, la soie d’asclépiade est transformée en textile non-tissé uniforme aux propriétés isolantes supérieures. Comme ce tissu se travaille bien, sa fabrication est simple et moins dispendieuse que celle du duvet animal, en plus de s’inscrire dans le mouvement de mode éco-responsable comme elle n’a besoin ni d’engrais ni de pesticides et n’implique pas de cruauté animale. Mais la soie d’Amérique est-elle aussi performante que le duvet de canard ou d’oie? Il semblerait que oui!

En 2015, après des tests en montagne lancés par l’entreprise Chlorophylle, l’une des grandes enseignes du vêtements d’extérieur au Québec, des alpinistes ont conclu que la soie d’asclépiade n’avait rien à envier au duvet sur le plan de la chaleur. Les testeurs ont même affirmé que la doublure était trop chaude! Il s’agit d’un autre point positif, puisque la réduction de couches d’asclépiade représenterait un produit plus léger et compressible. L’isolant naturel a également fait l’objet de tests chez des fabricants d’uniformes de la Garde côtière du Canada.

En ce qui nous concerne, simples amateurs de mode écolo, les premiers manteaux d’hiver doublés en soie d’asclépiade font graduellement leur entrée sur le marché grand public depuis l’automne dernier. Le fabricant québécois Quartz Co. a été la première entreprise à mettre en vente une gamme de manteaux en asclépiade, et nous sommes réjouis de vous informer qu’ils sont classiques, fonctionnels et élégants, parfaitement agençables à vos accessoires les plus mignons.

Ennemie du pétrole, amie des papillons monarques

 Les vertus écologiques de la fibre d’asclépiade ne sont pas limitées au domaine de la mode. En effet, les experts de Parcs Canada emploient depuis 2014 la soie d’Amérique pour éponger des déversements de pétrole accidentels et nettoyer les eaux polluées, la substituant au polypropylène, l’ancienne solution de prédilection, un dérivé du pétrole peu éco-sympathique.

La soie d’asclépiade est également essentielle à la survie des papillons monarques, qui s’en nourrissent presque exclusivement. La population de papillons monarques a connu un déclin drastique au cours des dernières années, car l’asclépiade était largement arrachée et détruite à cause de sa réputation de mauvaise herbe. Des initiatives du Jardin botanique et de la Fondation David Suzuki travaillent toutefois à la conservation et la culture de cette plante sauvage dans les parcs, les jardins résidentiels, les lieux naturels et sur les bords de routes.

Alors, vous voulez donnez un coup de pouce? Parlez-en à votre ministre local ou procurez vous des semences pour votre jardin personnel!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *